Washington DC est la capitale singulière d’un pays en guerre depuis plus d’un demi-siècle. Capitale du monde libre, elle succombe trop souvent à la  paranoïa grand spectacle post 11 septembre,  à travers un déploiement d’agents et de cordons de sécurité, de zones interdites. La ville vit alors au rythme de son armée de fonctionnaires fédéraux qui circulent cravates, tailleurs, baskets et badges d’accréditation à plein de choses.

Mais cette capitale doit tenir son rang, depuis longtemps sur un axe qu’on appelle le Mall s’élèvent de gigantesques-titanesques monuments qui célèbrent la puissance : l’Obélisque, la Maison Blanche, le Congrès. Tout aussi grandiloquents, les monuments dédiés aux soldats morts pendant la Seconde GM et aussi le Vietnam. A l’extrémité ouest, on retrouve le mémorial Abraham Lincoln, sa statue immense, elle aussi, montre un homme assis avec une certaine cool-attitude qui fait du lieu, un incontournable malgré la foule de touristes.

Il reste les musées : une multitude de ces établissements se trouvent sur le parcours. Le choix est difficile pour le touriste qui n’a que deux jambes et deux yeux. Depuis 2004, un musée des peuples américains a vu le jour : immense et bien conçu, il pourrait racheter une bonne conscience aux  EU. On doit l’architecture des lieux  à un « native », la muséographie est séduisante, on trouve de belles choses mais si les mots « génocides », « extermination » ou « massacres » ne sont pas vraiment présents, on essaie de parler d’acculturation profonde, de pertes de repères…. Mais comme au cinéma avec les « happy-end », le musée insiste davantage sur les réussites des populations de « native », leur engagement dans les différents conflits et la résurgence (ou le maintien) des cultures indiennes.

Si la conscience de l’Américain moyen sort rassurée de ce lieu, l’Européen demeure sceptique….mais balayons aussi devant notre porte, la France a du mal aussi avec certaines mémoires associés aux  mots Vichy ou Algérie.